OBRIA NANO : l'Ukraine teste en orbite son plan B face à Starlink
HIMERA et GomSpace annoncent que le satellite OBRIA NANO est opérationnel, première brique d'un réseau contrôlé par l'Ukraine après le bridage de Starlink.

L'ukrainien HIMERA et le danois GomSpace ont annoncé le mardi 27 octobre que leur satellite OBRIA NANO était opérationnel en orbite. Il s'agit du premier engin de test d'un futur réseau de communication contrôlé par l'Ukraine.
Le satellite a décollé le 1er octobre avec la mission Transporter-18 de SpaceX, un vol partagé qui emportait les charges utiles de dizaines de clients, lesquels se répartissent les coûts. Selon les deux sociétés, il éprouve déjà les technologies qui guideront la conception de la future constellation. HIMERA fabrique depuis 2022 des radios militaires résistantes au brouillage. GomSpace, fondée en 2007 et basée à Aalborg, revendique des clients dans plus de 60 pays.
Une dépendance mise à nu
L'annonce est intervenue trois jours après la levée du bridage de Starlink. Le 14 octobre, l'armée ukrainienne a constaté, sans avoir été prévenue, que Starshield était bridé. Le 19 octobre, Volodymyr Zelensky a indiqué que les terminaux cessaient de fonctionner entre 130 et 161 km/h selon les secteurs. Or les intercepteurs doivent voler bien plus vite pour rattraper les drones russes à réaction.
Elon Musk a d'abord affirmé que ces limites relevaient de l'armée américaine, puis du président des États-Unis. Washington a renvoyé la responsabilité vers lui, et le 24 octobre il a accusé Kiev d'avoir enfreint les conditions d'utilisation avec des frappes de drones offensives, ce que l'Ukraine dément. Le même jour, le ministère ukrainien de la Défense a constaté un retour à la normale, avec une connexion stable au-delà de 400 km/h. Elon Musk a aussi écrit que sans Starlink, la ligne de front s'effondrerait immédiatement.
L'Ukraine dépend aussi de satellites étrangers pour observer le front. À la mi-octobre, le satellite militaire russe Kosmos 2612 a été repéré près d'ICEYE-X36, un satellite radar commercial dont Kiev utilise les images, avant de s'en écarter.
Beaucoup d'inconnues
Le projet n'en est qu'à ses débuts. Les entreprises veulent fabriquer satellites et terminaux au sol en Ukraine, sans préciser qui assurera les lancements. D'après SpaceNews, elles n'ont rien dévoilé des caractéristiques, de la capacité, du financement ni du nombre de satellites. Starlink en compte environ 10 000. Le réseau vise une couverture régionale et doit compléter les réseaux européens.
Aucune date de déploiement n'a été donnée. D'ici là, les drones ukrainiens continueront de passer par Starlink et Starshield.
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