Osegi
IA·2 min de lecture

Google Gemini : un avocat général de la CJUE alerte sur le droit d'auteur

Un avocat général de la Cour de justice de l'UE estime que des chatbots comme Gemini de Google peuvent violer les droits des éditeurs en réutilisant des articles de presse.

The European Court of Justice building in Luxembourg with a Google Gemini logo overlay, symbolizing the AI copyright case.
Image: اليوم السابع

Nouveau front juridique pour Google en Europe : un avocat général de la Cour de justice de l'Union européenne averti que l'utilisation d'articles de presse par le chatbot Gemini pour répondre aux internautes pourrait enfreindre les règles du droit d'auteur. Cet avis relance le débat sur les droits des médias face aux géants de la tech.

L'affaire est examinée à Luxembourg et oppose la société hongroise Like Company, qui exploite un site web, à Google. Elle porte sur la légalité de la réutilisation par Gemini de contenus de sites d'actualité pour formuler ses réponses. L'avocat général Maciej Szpunar a déclaré que les chatbots fondés sur de grands modèles de langage peuvent porter atteinte aux droits des éditeurs lorsqu'ils récupèrent des articles de presse pour produire des réponses. C'est notamment le cas lorsqu'ils contournent des systèmes d'abonnement ou des protections techniques, ou reprennent des formulations du texte original de manière reconnaissable.

Faits et expression

Selon l'avis, le droit d'auteur ne couvre pas les faits et informations bruts contenus dans les articles, mais la formulation et l'expression originales. La manière dont les articles sont réutilisés et présentés est donc déterminante pour établir une éventuelle infraction.

L'avocat général a par ailleurs indiqué que l'utilisation d'œuvres protégées pour entraîner des modèles d'IA est permise par l'exception de fouille de textes et de données du droit européen. Il a ajouté que rien dans le dossier ne prouve que Google ait utilisé les articles de l'éditeur hongrois pour entraîner Gemini.

Les positions de Google et des éditeurs

Google affirme que les exceptions européennes de fouille de textes et de données sont essentielles à la compétitivité de l'Europe et au développement de l'IA. Selon l'entreprise, Gemini apprend des schémas linguistiques pour produire de nouvelles réponses, et non pour copier des contenus de presse. Elle assure aussi proposer des outils permettant aux ayants droit de contrôler l'usage de leurs contenus et leur présence dans les services d'IA.

Le Conseil européen des éditeurs (European Publishers Council) demande de distinguer l'indexation par les moteurs de recherche de l'utilisation d'articles pour générer des réponses d'IA, susceptibles de dispenser l'internaute de visiter les sites d'origine. Pour lui, la dépendance des éditeurs à Google pour toucher leurs lecteurs ne doit pas servir à exploiter leurs contenus sans protéger leurs droits, alors que les résumés et réponses directes se multiplient.

La suite

L'avis n'est pas contraignant, mais la Cour le suit dans de nombreuses affaires. L'arrêt est attendu dans les prochains mois. Il pourrait clarifier les règles sur l'usage d'articles de presse dans les réponses des chatbots et influer sur les relations entre entreprises technologiques et médias, notamment sur la rémunération.

Des apps à découvrir

SUMO : le puzzle de nombres

Touche les bonnes cases, additionne, atteins l'objectif. Facile à apprendre, difficile à maîtriser. Gratuit, pour tous les âges.

Mots-clés:googlegeminicopyrighteu court of justicepublisherslike company

Plus d'actus de ce jour

Tout voir →

Plus dans: IA

Tout voir →