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Sécurité·2 min de lecture

Congélateurs de l'EFS piratés : de -30 °C à 110 °C pour le plasma

Des pirates ont pris le contrôle des chambres froides de l'Établissement français du sang et programmé 110 °C au lieu de -30 °C. Un technicien a évité le pire.

Row of laboratory freezers storing blood plasma in a medical facility, with a temperature display showing a sharp rise.
Image: 01net.com

Dans la nuit du dimanche 1er au lundi 2 novembre, des pirates ont pris le contrôle des systèmes de réfrigération de l'Établissement français du sang (EFS). Ces chambres froides, maintenues en permanence à -30 °C pour conserver plasma et sang de donneurs, ont été programmées à distance pour atteindre 110 °C.

Selon Le Canard enchaîné, les attaquants ont piraté Coolworld, un prestataire chargé de la maintenance de conteneurs de stockage de l'EFS, notamment en Bourgogne-Franche-Comté.

Le pire évité

Un technicien de permanence a constaté dans la nuit une remontée en température et a pu agir avant que les échantillons ne soient altérés, indique l'EFS. Le ministère de la Santé affirme qu'il n'y a « zéro conséquence opératoire », la situation ayant été repérée à temps. Ni les transfusions ni les patients n'ont été touchés.

Les enjeux étaient pourtant sérieux : les congélateurs visés contenaient du plasma congelé destiné à la transfusion. Une salariée de l'EFS explique qu'une telle chaleur détruit les anticorps et rend le sang impropre à la transfusion.

Un scénario déjà vu

Ce mode opératoire rappelle la cyberattaque de la mi-octobre, quand des pirates ont pris la main sur les frigos de centaines de supermarchés en France, avec des températures montées jusqu'à 50 °C et des montagnes de nourriture détruites. L'ANSSI a évoqué des « défauts de sécurisation élémentaires ».

L'attaque contre l'EFS est survenue la même nuit qu'une nouvelle vague visant des frigos de supermarchés en Europe, notamment en Belgique, au Luxembourg et en Suède. Rien n'indique pour l'instant que ces attaques soient liées, mais la coïncidence est troublante.

Pour les spécialistes, l'épisode n'a rien d'une surprise. Samuel Hassine, PDG de Filigran, soulignait que les mêmes boîtiers que dans les supermarchés équipent aussi des pharmacies hospitalières, des laboratoires et des entrepôts logistiques. Pierre-Henry Poiret, de HarfangLab, estime que les risques dépassent la grande distribution.

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