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Sécurité·2 min de lecture

Arnaques au spoofing : la police nationale alerte ses agents

Le directeur général de la police nationale et Laurent Nuñez alertent en interne sur la hausse des appels frauduleux par usurpation de numéro visant les fichiers de police.

A police officer answering a desk phone at a station while the caller ID shows a trusted number that may be spoofed.
Image: 01net.com

Louis Laugier, directeur général de la police nationale, et Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, mettent en garde les forces de l'ordre contre la recrudescence des arnaques au spoofing. Des escrocs usurpent des numéros de téléphone, dont ceux de commissariats ou de gendarmeries voisines, pour obtenir des informations sensibles auprès des agents.

Un mode opératoire bien rodé

Selon un télégramme interne, les services territoriaux de la police nationale ont constaté « une recrudescence des appels téléphoniques frauduleux visant à obtenir des informations issues des fichiers de police ». Le spoofing permet d'afficher le numéro de son choix sur le téléphone de la personne appelée. Une note pédagogique indique que les auteurs disposent du matériel permettant d'afficher le numéro souhaité sur le poste du commissariat.

Elle précise que les malfrats maîtrisent parfaitement le langage et le fonctionnement de l'institution et « n'hésitent pas à monter de véritables mises en scène ». Dans l'exemple donné aux agents, un policier reçoit un appel qui semble venir de la gendarmerie voisine. Le numéro affiché est le bon, mais il a été usurpé : au bout du fil, un escroc se fait passer pour un collègue. Une fois la confiance acquise, il peut demander des renseignements issus d'un fichier de police et, en cas de doute, invoquer un problème technique sur le terminal du commissariat.

D'après les documents internes, la méthode peut servir à « tourner en dérision ou tromper les policiers », par exemple en publiant en ligne des conversations, ou à « lever l'immobilisation » d'un véhicule interdit de circulation après une infraction.

Le contre-appel, un réflexe de protection

Il est rappelé aux policiers et gendarmes de privilégier les réseaux de communication internes, comme la radio, et de toujours vérifier la validité de la demande ainsi que l'identité de l'interlocuteur.

La technique du « contre-appel » est aussi recommandée, y compris aux particuliers. Un fraudeur qui usurpe un numéro ne peut pas recevoir les appels destinés à celui-ci. En cas de doute, raccrochez et rappelez vous-même le numéro : vous joindrez la vraie personne ou institution. Il vaut mieux ne pas rappeler si l'appel a été très bref, car il pourrait s'agir d'un « ping call ».

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