Volkswagen admet que ses voitures électriques rapportent moins
Volkswagen reconnaît gagner moins sur ses voitures électriques que sur ses modèles thermiques, tout en devant accroître leur part pour respecter les règles européennes sur le CO2.

Volkswagen reconnaît ouvertement que ses voitures électriques sont moins rentables que ses modèles thermiques. Dans le communiqué des neuf premiers mois, le directeur financier et opérationnel du groupe, Arno Antlitz, a résumé la situation : « le succès commercial de nos voitures électriques pèse en plus sur le résultat, car nous gagnons aujourd'hui moins sur elles que sur les voitures à moteur thermique. »
L'offre électrique du groupe s'étoffe, sans que les résultats financiers progressent au même rythme. Volkswagen subit la pression des marques chinoises, une concurrence plus vive en Europe et les droits de douane américains. La marge opérationnelle atteignait 3,8 % après neuf mois en 2026, un niveau qui, selon Arno Antlitz, ne permet guère de financer durablement les investissements dans de nouveaux modèles et technologies.
Une contrainte réglementaire
Le constructeur a peu de marge de manœuvre sur le rythme de l'électrification. Il ne peut ni réduire ses ventes de voitures électriques ni compenser avec davantage de thermiques : il lui faut une part croissante de véhicules zéro émission pour abaisser les émissions moyennes de CO2 de sa flotte et éviter de lourdes amendes européennes. La demande donne un motif d'optimisme mesuré : les électriques représentaient 40 % du carnet de commandes européen de Volkswagen sur neuf mois.
Le futur modèle électrique d'entrée de gamme accentue la tension. La version de série du concept ID. Every1 est attendue en 2027. Un prix plus bas pourrait séduire davantage de clients, mais menace de réduire encore la marge.
Économies et suppressions d'emplois
Le groupe a préparé un plan d'économies d'environ 31 milliards d'euros : simplification de la gamme, allègement des structures, baisse des coûts de production et des frais généraux, meilleure utilisation des usines, accélération du développement technologique. Jusqu'à 50 % des modèles pourraient disparaître et le nombre de pièces doit être fortement réduit. L'avenir de Seat reste à trancher.
Volkswagen prévoit de supprimer environ 100 000 emplois dans le monde. Il ne peut par ailleurs garantir de volumes de production futurs pour quatre sites allemands : Emden, Zwickau, Hanovre et Neckarsulm. Aucune fermeture immédiate n'est annoncée, des usages alternatifs étant étudiés, mais de nouvelles réductions de production et des fermetures restent possibles. Arno Antlitz a insisté sur la priorité donnée au redressement rapide de la rentabilité.
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