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Économie·2 min de lecture

Óscar Puente : les syndicats exigent sa démission après Urda

Après l'accident d'Urda, plusieurs syndicats ferroviaires jugent « lamentables » les propos d'Óscar Puente visant un aiguilleur d'Adif et réclament la démission du ministre.

High-speed AVE train on a Spanish railway line, with a signal gantry in the foreground after the Urda crash.
Image: xataka.com

Après l'accident ferroviaire d'Urda (Tolède), qui a fait au moins 69 morts, le ministre des Transports espagnol, Óscar Puente, est la cible de syndicats qui lui reprochent d'avoir désigné un contrôleur de la circulation d'Adif. Plusieurs organisations réclament sa démission.

La collision a eu lieu le 28 octobre : sur le corridor andalou à grande vitesse, un AVE a percuté, à une vitesse comprise entre 160 et 200 km/h, un Iryo immobilisé sur la voie, tous deux roulant dans le même sens. Une chaîne d'erreurs est évoquée.

Les propos du ministre

Lors de la conférence de presse du soir, Óscar Puente a jugé « inexplicable » la décision du contrôleur du centre de régulation (CRC) d'Atocha d'ordonner à l'AVE de circuler « normalement », alors que la signalisation interdisait de poursuivre et qu'un Iryo était à l'arrêt quelques kilomètres plus loin. Le syndicat SCF rappelle que l'employé est intervenu parce que le système LZB était en panne sur plus de 60 kilomètres.

Sa porte-parole, Ana María Galisteo, juge ces déclarations « lamentables ».

Des enregistrements contestés

Le soir même, des enregistrements du CRC d'Atocha ont été transmis à la presse. On y entend un échange entre le conducteur et le contrôleur, qui donne des informations confuses et ordonne à un moment à l'AVE de rouler en « marche normale ». Le SCF les qualifie d'« intéressés », estimant qu'ils détournent l'attention de la panne du LZB. La voix de l'employé n'étant pas déformée, il pourrait être reconnu.

L'UGT dénonce la fuite et promet d'enquêter sur son origine. Pepa Páez, de la CCOO, demande de ne pas viser « le dernier maillon » sans connaître ses conditions de travail. Le SCF affirme avoir alerté Adif à deux reprises d'un manque de personnel alarmant.

Le CSIF et la section ferroviaire de la CCOO réclament la démission de Puente, dénonçant un bouc émissaire. Le ministre a refusé : « Ma façon d'être responsable, c'est de donner la face. »

L'écho d'Angrois

Les syndicats rappellent l'accident d'Angrois (80 morts). Le conducteur Francisco Garzón et le directeur de la sécurité d'Adif, Andrés Cortabitarte, avaient été condamnés, alors que la signalisation avant la courbe était jugée insuffisante. Là aussi, des enregistrements avaient fuité.

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