Maison-Blanche : des proxys résidentiels détectés sur son réseau
Des chercheurs ont repéré du trafic de proxys résidentiels sortant du réseau de la Maison-Blanche, un signal d'alerte pour les objets connectés domestiques.

Des chercheurs en cybersécurité ont détecté des services de proxys résidentiels depuis le réseau de la Maison-Blanche. Cette découverte laisse penser que des tiers pourraient faire transiter du trafic par des adresses IP officielles du gouvernement américain.
La société Layer3 Intel a repéré cette activité sur AS2650, un réseau enregistré au nom du Executive Office of the President. Selon son rapport, du trafic issu de six adresses IP distinctes est sorti du réseau via au moins 28 services de proxys résidentiels connus entre le 5 octobre et le 3 novembre, surtout le soir, de 17 h à minuit (heure de la côte Est). Une autre entreprise a identifié un logiciel d'Infatica, société détenue par un entrepreneur russe qui exploitait un service de location de serveurs utilisé par des pirates lors d'attaques contre des systèmes électoraux en Arizona et en Illinois en 2016.
Rien n'indique que cet accès ait servi à attaquer la Maison-Blanche. Les experts y voient toutefois un point d'appui, voire une porte dérobée non surveillée. Pour Sergiy Usatyuk, fondateur de Layer3, cela offre « toutes sortes de voies d'exploitation potentielles ». La Maison-Blanche n'a pas répondu à la demande de commentaire.
Les chercheurs de Synthient indiquent que plusieurs employés utilisent un ordinateur sous Windows 11 avec InfaticaSDK, et désignent Rave, application pour regarder des plateformes de streaming entre amis, comme vecteur probable. Un appareil personnel équipé d'un SDK proxy aurait été relié au Wi-Fi.
Ce que cela change pour la maison connectée
Les proxys résidentiels font passer le trafic par des appareils grand public pour imiter un internaute réel. Le moissonnage de données est l'usage le plus courant, mais ils servent aussi aux logiciels malveillants, au vol d'identité et aux faux comptes. Les développeurs intègrent ces SDK dans des applications gratuites, et les conditions d'utilisation autorisent souvent l'ajout de votre IP à un réseau de proxys.
Un rapport de Spur Intelligence publié en juin estime qu'environ une application sur trois des téléviseurs Samsung et LG vendait les adresses IP des utilisateurs ; Amazon et Roku l'interdisent. Les VPN gratuits présentent le même risque, et Synthient a trouvé plus de 1,3 million de boîtiers MECOOL infectés.
Layer3 et GreyNoise proposent des outils gratuits pour vérifier votre IP, sans toutefois désigner l'appareil en cause. Les experts conseillent de mettre à jour les micrologiciels et de n'installer que des applications issues de boutiques fiables.
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