Alan décroche un contrat de 3 milliards d'euros avec la Sécurité sociale
La startup Alan et Allianz ont été retenues pour la complémentaire santé de 360 000 personnes de la Sécurité sociale, un marché de 3 milliards d'euros au maximum sur six ans.

La jeune pousse française de l'assurance santé Alan a été retenue, aux côtés de l'allemand Allianz, pour gérer la complémentaire santé des salariés de la Sécurité sociale. Plusieurs sources internes l'ont indiqué mercredi, confirmant une information des Échos.
Le marché concerne les 150 000 salariés de l'institution, notamment les agents des Urssaf, des caisses d'assurance maladie et des caisses d'allocations familiales, ainsi que leurs ayants droit et d'anciens agents. Au total, 360 000 personnes sont couvertes. Le montant est estimé à 3 milliards d'euros au maximum sur six ans, de 2027 à 2032.
L'Union des caisses nationales de sécurité sociale (Ucanss), qui représente l'employeur, n'a ni confirmé ni infirmé. Le marché sera officiellement notifié d'ici 15 jours, a-t-elle précisé.
Une procédure inhabituelle et contestée
Créé en 2008, le contrat était détenu par AG2R La Mondiale, Malakoff Humanis et Aésio. Il était traditionnellement attribué par un comité de pilotage réunissant l'employeur et les syndicats représentatifs : CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC et Unsa.
Cette fois, l'Ucanss a lancé un appel d'offres public, sur avis des services juridiques de Bercy et contre celui des partenaires sociaux. Quatre candidats, dont Alan, ont concouru. Syndicats et organisations patronales n'ont été associés qu'au cahier des charges, puis invités à valider le classement final en commission des marchés. Ils ont unanimement refusé de désigner Alan, contestant les conditions d'évaluation. Force ouvrière juge que « le niveau d'objectivité » semblait insuffisant.
Les six syndicats critiquent aussi le modèle entièrement numérique d'Alan : absence de véritables accueils physiques, sous-traitance, hébergement des données chez Amazon, qui les exposerait aux lois extraterritoriales américaines.
Le gouvernement tranche
Face au blocage, un arrêté du 19 octobre a suspendu les pouvoirs de la commission des marchés et nommé une administratrice provisoire, qui a choisi Alan selon plusieurs sources internes. Les syndicats boycottent le dialogue social à l'Ucanss depuis la mi-octobre.
Pour Cécile Velasquez (CGT), il s'agit d'un « choix politique » de faire entrer la « start-up nation » à la Sécurité sociale, et d'un « mépris complet des partenaires sociaux ». Alan n'a pas souhaité commenter ; le ministère de la Santé n'a pas répondu.
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