SCX 26 : Naval Group mise sur le canon électromagnétique abandonné par l’US Navy
Au salon Euronaval, Naval Group dévoile le SCX 26, navire de combat de 8 000 tonnes avec canon électromagnétique et laser de 100 kW, arme que l’US Navy a abandonnée en 2021.

Naval Group a présenté le mardi 3 novembre, au salon Euronaval à Paris, le SCX 26, un concept de navire de combat de 8 000 tonnes conçu pour les conflits maritimes de haute intensité. Il intègre un canon électromagnétique, ou railgun, qu’aucune marine n’emploie aujourd’hui en opération.
Le bâtiment n’existe que sur le papier. Long de 170 mètres, il embarquerait 150 marins, plus 100 places pour un état-major ou du personnel spécialisé. Il pourrait parcourir plus de 8 000 milles nautiques (environ 14 800 km) et atteindre 30 nœuds (environ 55,5 km/h). Naval Group affirme l’avoir imaginé pour allier « puissance, évolutivité et résilience ».
Armes classiques et technologies expérimentales
L’armement conventionnel comprendrait plus de 100 silos de lancement vertical pour des missiles de plusieurs classes, une artillerie secondaire téléopérée à 360°, des munitions téléopérées (en clair, des drones kamikazes) et deux lanceurs modulaires polyvalents Rampart, système testé récemment en mer. Côté expérimental, le navire recevrait un canon électromagnétique à capacité de salves rapides et un laser de 100 kW.
L’intérêt tient au coût du tir. Un railgun fonctionne sans poudre : un courant très intense traverse deux rails parallèles, et le champ magnétique propulse l’obus à plusieurs fois la vitesse du son. Sans explosif ni moteur, le projectile coûte bien moins cher qu’un missile et se stocke plus sûrement. Cela répond à l’objectif affiché de contrer des menaces « multiples et saturantes », comme les essaims de drones, sans épuiser les stocks de missiles.
L’industriel ne communique ni calibre ni portée, et précise que le SCX 26 ne préfigure « pas nécessairement un programme à venir ». C’est avant tout un exercice de prospective.
Pourquoi l’US Navy a renoncé
La marine américaine a stoppé son programme en juillet 2021, après environ 500 millions de dollars (environ 450 millions d’euros) investis en quinze ans. Elle a invoqué le budget, la difficulté d’installation sur ses navires et les progrès des lasers et des missiles hypersoniques. Dès 2018, l’amiral John Richardson, alors chef des opérations navales, avait expliqué devant le Congrès que le tube était le maillon faible, car il devait supporter à chaque tir décharge électrique, chaleur et pression extrêmes. Les rails s’usaient beaucoup trop vite.
D’autres persistent. La marine japonaise a tiré en 2025, lors d’essais en mer, sur un autre navire avec un canon électromagnétique, et la France s’est associée en 2024 à l’Allemagne et au Japon pour développer ces armes.
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