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Revolut, Vinted, Doctolib : à qui profite l'argent des secondaires

Revolut atteint 115 milliards de dollars de valorisation via une cession secondaire. L'argent va aux vendeurs, pas à l'entreprise, comme chez Vinted ou Doctolib.

Stacks of euro coins and a rising chart beside a share certificate, illustrating secondary share sales in European tech startups.
Image: FRENCHWEB.FR

Revolut annonce la clôture d'une nouvelle cession secondaire d'actions, qui porte la valorisation de la banque numérique à 115 milliards de dollars. Le chiffre mesure les attentes du marché, mais il ne dit pas combien la société reçoit réellement.

Ce silence illustre une évolution du financement des entreprises technologiques. Lors d'une augmentation de capital, la société émet des actions nouvelles et l'argent rejoint sa trésorerie. Dans une opération secondaire, l'investisseur rachète des titres déjà détenus par un salarié, un fondateur ou un fonds, et le prix est versé au vendeur. Le nombre d'actions en circulation reste inchangé : il n'y a donc pas de dilution.

Trois chiffres à ne pas confondre

Les deux mécanismes peuvent coexister, ce qui rend les montants annoncés parfois trompeurs. La valorisation décrit la valeur implicite de l'ensemble, le volume mesure la transaction, l'apport primaire indique les moyens nouveaux de l'entreprise. Dans un exemple fictif, une société valorisée 1 milliard d'euros voit 50 millions d'euros d'actions existantes cédés : cela représente 5 % du capital, les vendeurs touchent 50 millions avant frais et fiscalité, et l'entreprise ne reçoit rien.

Salariés et premiers investisseurs

Pour les salariés, la valeur sur le papier devient disponible. BlaBlaCar indiquait en juin 2021 que quatre opérations secondaires avaient permis à 86 salariés et anciens salariés, hors fondateurs, d'encaisser 15 millions de dollars au total. Les programmes peuvent prévoir des conditions d'éligibilité et des plafonds, et détenir des BSPCE ne revient pas à détenir une action immédiatement cessible.

Les fonds ont aussi leur propre calendrier. Au printemps 2026, près de 300 millions d'euros de titres Doctolib ont été cédés, principalement par des investisseurs de la première heure et des salariés historiques. Generation Investment Management, Athos et A.P. Møller Holding ont rejoint le capital. En Belgique, l'opération de 500 millions d'euros d'Odoo en novembre 2024, menée par CapitalG et Sequoia Capital, a permis à Summit Partners, Noshaq et Wallonie Entreprendre de vendre une partie de leurs parts ; Summit reste le premier actionnaire institutionnel.

Vinted offre le cas le plus lisible. Le 27 avril 2026, la plateforme a annoncé une cession secondaire de 880 millions d'euros, sur une valorisation de 8 milliards, menée par EQT, Teachers' Venture Growth et Schroders Capital. L'entreprise précise ne lever aucun capital primaire.

Des limites

Une valorisation affichée ne vaut pas promesse de rachat : le prix par action dépend des catégories de titres, des droits et des instruments pouvant créer de futures actions. Un bloc limité ne prouve pas que tous pourraient vendre au même prix. Pour l'acheteur, l'investissement reste illiquide.

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