Corée du Sud : un centre de données spatial testé en orbite en 2028
Séoul prévoit de tester en 2028 un centre de données spatial de 100 kg lors du septième vol de Nuri, avant une plateforme d'une tonne d'ici 2035.

La Corée du Sud a présenté un plan progressif pour déployer des centres de données en orbite d'ici 2035. Première étape : une démonstration en 2028 d'une unité d'environ 100 kg, embarquée lors du septième lancement du lanceur Nuri.
Lee Chun-woo, responsable des missions spatiales du groupe K-Moonshot, a exposé cette stratégie le 2 novembre à l'Assemblée nationale, lors de la troisième table ronde du Forum sur les centres de données spatiaux. Selon lui, les installations terrestres se heurtent à d'importantes limites : consommation électrique massive, manque d'eau de refroidissement, difficulté à trouver des terrains, contraintes environnementales et délais de transmission. L'espace offre en revanche une énergie solaire abondante et un refroidissement par rayonnement.
Aujourd'hui, les données d'observation des satellites coréens sont envoyées à des stations au sol, puis stockées et analysées dans des centres de données terrestres. Le projet vise à collecter, stocker, traiter et analyser ces données directement en orbite, afin de réduire les délais et de permettre des services d'IA spatiaux.
Feuille de route et financement
D'après la feuille de route, une petite unité de 100 kg serait en place d'ici 2029, une unité moyenne de 500 kg proposant des services d'IA d'ici 2032, puis une grande plateforme d'une tonne pour la commercialisation de ces services en 2035. Il faudra développer des systèmes solaires de forte puissance, un contrôle thermique par rayonnement, des processeurs d'IA résistants aux radiations et des liaisons optiques entre satellites. Séoul compte s'appuyer sur ses atouts en modèles d'IA, NPU, mémoire à haute bande passante et cellules solaires à pérovskite.
Lim Jeong-heum, de l'Institut coréen de recherche aérospatiale, propose un projet de 24 mois, de 2027 à 2028, doté de 14 milliards de wons, pour vérifier la fiabilité des puces d'IA nationales dans l'espace. Les essais au sol ne suffisent pas, selon lui, à valider l'alimentation électrique, l'évacuation de la chaleur et le fonctionnement stable en orbite. Le vol de Nuri prévu en novembre 2028 rejoindra une orbite héliosynchrone aube-crépuscule ; une charge secondaire réduirait les coûts. Tout retard de développement après 2027 risquerait de faire manquer cette fenêtre.
Services et réglementation
Choi Kyung-il, PDG de KT SAT, estime que la valeur d'un centre de données spatial tient aux services : exploitant, partage des coûts et répartition des rôles avec le sol doivent être définis tôt. La coordination internationale des fréquences peut prendre des années. KT SAT travaille sur la conception depuis l'an dernier et a préparé un premier enregistrement orbital au premier semestre.
La députée Lee Ju-hee a souligné que le budget 2027 n'atteint que 2,1 milliards de wons et promis d'œuvrer à son augmentation. Oh Tae-seok, directeur de l'agence spatiale KASA, a indiqué que le projet deviendrait une mission centrale de la feuille de route K-Moonshot.
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