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IA·2 min de lecture

Bill Gates plaide pour une taxe sur les tokens face à l’IA

Bill Gates estime que le système récompense le remplacement des humains par des machines et réclame une taxe sur l’usage de l’IA pour financer la transition.

Bill Gates speaking on stage, with a humanoid robot silhouette symbolizing AI replacing human workers.
Image: xataka.com

Bill Gates relance l’idée d’une « taxe sur les tokens » appliquée à l’intelligence artificielle. Dans un entretien accordé à The Observer, le cofondateur de Microsoft affirme que la logique dominante consiste à « embaucher le robot, licencier l’humain et ne pas regarder en arrière ». À ses yeux, ce sont les incitations offertes aux entreprises qui posent problème.

Gates décrit l’IA comme un événement évolutif qui fait de l’humain une espèce n’étant plus la plus intelligente de la planète. Il prévoit le remplacement de presque toutes les compétences professionnelles : d’abord l’invention et les emplois de bureau, puis, grâce aux robots humanoïdes, les métiers manuels. Dès l’été, il jugeait la transition « très turbulente » et estimait la société mal préparée.

Pourquoi taxer les tokens

Son raisonnement : les employeurs paient des cotisations sur les salaires de leurs recrues, il serait logique d’en faire autant pour les tokens d’IA et les robots utilisés dans la production. Or c’est l’inverse, puisque l’achat d’un robot est déductible. Gates anticipe une baisse des recettes publiques qui financent le filet de sécurité pendant la transition, même si la prospérité globale progresse. Les États devront donc trouver de nouvelles sources pour indemniser les chômeurs, financer l’éducation et la reconversion.

Il défend aussi que les milliardaires paient davantage. Selon l’entretien, il a versé environ 14 milliards de dollars d’impôts au cours de sa vie et aurait accepté d’en payer 40 milliards. Il demande aux gouvernements de taxer les grandes fortunes de façon perçue comme juste, tout en reconnaissant que cela ne comble pas l’écart entre dépenses et recettes dans de nombreux pays riches. Côté risques, il cite le bioterrorisme et les cyberattaques comme menaces immédiates, puis, d’ici la fin des années 2020, une IA échappant au contrôle humain. Il appelle les États-Unis et la Chine à coopérer face à ce qu’il nomme un « défi pour l’humanité ».

Premiers signaux et contraste chez Microsoft

Le marché du travail réagit déjà : une étude de Stanford montre que les 22-25 ans dans les métiers très exposés à l’IA ont 19 % d’emplois en moins que prévu.

Microsoft offre un contraste frappant. L’entreprise aurait laissé entendre qu’environ 60 000 salariés, soit 27 % des effectifs de ses sites aux États-Unis, au Canada, en Inde et au Royaume-Uni, sont en trop, et propose un plan de départs volontaires jusqu’au niveau 70. En avril, elle a lancé un programme de retraite volontaire pour quelque 8 750 salariés américains éligibles, puis annoncé près de 5 000 licenciements en juillet. Dans le même temps, elle a consacré 41 milliards de dollars à ses investissements au dernier trimestre fiscal, surtout dans l’IA.

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