Aircall : Olivier Pailhès reprend les rênes pour miser sur l’IA vocale
Parti fin 2023, le cofondateur Olivier Pailhès est de nouveau directeur général d’Aircall. Il veut en faire une référence des agents vocaux IA en B2B.

Olivier Pailhès est de retour à la tête d’Aircall. Le cofondateur, qui avait déjà dirigé l’entreprise pendant près de dix ans, a repris cet été la direction opérationnelle pour l’emmener vers l’ère de l’IA agentique.
Après son départ fin 2023, il a présidé la French Tech Madrid et fondé Spark Island, société de jeux immersifs. Il avait conservé un siège au conseil d’administration d’Aircall, alors dirigé par Scott Chancellor, ancien d’AWS. Voir arriver l’IA depuis le siège passager est devenu frustrant, explique-t-il. Selon lui, un CEO fondateur a un avantage quand il faut parier sur l’intuition plutôt qu’optimiser.
Une question de survie
Aircall s’est développé comme solution SaaS de téléphonie d’entreprise dans le cloud. Olivier Pailhès affirme que plus personne ne veut d’un simple SaaS, évoquant la « SaaSpocalypse », et que l’entreprise aurait été fragilisée sans virage rapide.
Deux mois après son retour, il assure que la croissance atteint 30 % par mois. L’équipe sortait d’abord trois agents IA en deux semaines ; elle en est à quinze cette semaine. « J’ai l’impression de redémarrer une startup », dit-il, tout en reconnaissant que cela fait parfois un peu peur.
Objectifs et acquisitions
Aircall compte plus de 25 000 clients, surtout des PME, et plus de 250 millions de dollars de revenus annuels récurrents. Son dirigeant se donne quelques années pour atteindre le milliard et veut devenir une référence des agents vocaux IA en B2B. La voix doit fonctionner en temps réel et dans toutes les langues, ce qui rend le défi difficile.
Pour accélérer, la société a réalisé ses deux premières acquisitions : l’espagnole Piper AI, spécialisée dans les agents IA pour la relation commerciale, et l’américaine Vogent, experte de l’IA agentique appliquée à la voix. La licorne emploie 700 salariés.
Interrogé sur une trajectoire à la Hugging Face, rachetée cet été par Nvidia pour 12,9 milliards de dollars, il répond que c’est un « moonshot », alors qu’Aircall serait plutôt un tracteur. L’entreprise est rentable et ne souhaite pas se vendre.
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